Après plusieurs mois sans exposition, le Toï Toï est très heureux d'accueillir l'exposition de Maxime Touroute : "Humanlapse". 

 

Ci-dessous, Maxime nous explique sa démarche :

 

"Le timelapse est une technique de photographie consistant à capturer une série d'images à intervalles réguliers et à les fusionner sous forme vidéo. A la lecture, ces vidéos donnent une impression de temps défilant à vitesse accélérée. En faisant varier la durée d'exposition des prises et l'intervalle entre chaque prise, la technique du timelapse permet au photographe de briser la contrainte de réalité d'un enregistrement vidéo. La technique du timelapse permet de visualiser des mouvements lents comme l'ouverture d'une fleur, le déplacement astronomique, les mouvements urbains, ou encore un coucher du soleil.

 

L'hyperlapse, une sous catégorie du timelapse, consiste à déplacer la caméra d'une courte distance entre chaque exposition. Cette technique permet de briser la contrainte spatiale du timelapse traditionnel et de créer des mouvements de caméra en tous genres. Ces techniques, expérimentées par les pionniers du cinéma dès le 19e siècle, sont aujourd'hui
monnaie courante grâce à l'essor de la photographie numérique. Le timelapse est aujourd'hui très utilisé pour la prise de vue de paysage, de villes, ou encore d'architecture.

 

Malheureusement, et pour une raison mystérieuse, l'usage de ces techniques n'est que très marginalement utilisé pour la photographie de sujets humains. Mon projet Humanlapse a pour objectif de combler ce manque en se dédiant à l'exploitation de ces techniques sur des sujets humains. Je cherche à explorer les possibilités créatives de cet usage délaissé en photographiant l’Homme sous un nouvel angle. Libre des contraintes de temps et d'espace, j'expérimente différents types de prise de vue, de mouvements de caméra, et de mouvements du sujet.

 

Je cherche dans mes humanlapses à questionner notre rapport au quotidien et au temps. Pour ce faire, je joue sur trois éléments : l’environnement, le modèle et la caméra.

L’environnement , lui, est incontrôlable. Ce sont les nuages qui défilent, les rafales de vent qui font bouger les feuilles et les chevelures. Ce sont les passants et les voitures. Je fais le choix d’utiliser des environnements riches en mouvements, témoins du temps qui passe.

Les modèles , je les dirige pour que leur présence soit en décalage avec ce défilement du temps, chacun à leur manière. Certains sont comme des statues, déconnectées du monde, éteints. D’autres au contraire plein de vie, comme des êtres libérés des contraintes du temps, comme membres d’une dimension supérieure.

La caméra, je l’imagine comme le regard du spectateur dans cet espace. Parfois statique, comme un observateur lointain, parfois mobile, comme un explorateur de son environnement. Parfois invisible, et parfois présent avec le modèle qui nous regarde droit dans les yeux.

Depuis la publication de ce projet en octobre 2018, un engouement s'est créé sur les réseaux sociaux. Aujourd'hui, des photographes d'Inde, de Tchéquie, d'Amérique du Nord et de France se sont emparés de cette technique. Chacun appréhende le humanlapse à sa façon. Nous réunissons nos créations sous le nouveau hashtag #humanlapse."

 

https://maximetouroute.github.io/humanlapse/

 

[Installation visible sur la mezzanine du 7 juin au 6 juillet. Accès libre pendant les horaires d'ouverture]

Aff.Expo06BD