Le temps d'une après-midi, on a rencontré les membres de Tohu Bohu. Prémisse d'une aventure aux sonorités rock-festif, bonne lecture !

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Comment avez-vous formé le groupe ?

Histoire longue, on avait un groupe qui s'appelait Moi Je, qui a splitté pour diverses raisons, indépendantes de notre volonté. On était les quatre même gars, on a juste changé de nom et la musique. C'est les 4 mêmes personnages avec d'autres influences. On ne s'est jamais arrêtés de travailler ensemble, on était sur un tournant artistique d'un point de vue musical et visuel, on avait d'autres envies. C'était le moment pour commencer sur une nouvelle base.

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Ce n'était pas trop une prise de risques de dissoudre votre groupe ?

Si carrément parce qu'on repart de zéro, il ne faut pas parler au passé c'est toujours une prise de risque. Il y avait des acquis, on a été repérés, un remix de Petit Biscuit a été fait sur un morceau donc ça avait un peu tourné. On avait 4/5 EP, mais on commençait à arriver au bout du projet puis des envies. Même si on a été un peu contraint et forcé de changer, cela nous a pas fait de mal. On a l'air tous très contents, c'était un bon choix.

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Quel est le rôle de chacun dans le groupe ?

Antoine est guitariste, Loïc s'occupe de la production, c'est le chef architecte, organisateur : on enregistre chez lui. Babil au chant et Simon à la basse. Antoine à la batterie pour les concerts.

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C'est quel style de musique ?

C'est un peu complexe à décrire parce qu'il y a beaucoup d'influences, notre ancien projet c'était disco funk, et on s'est un peu émancipés de ce genre de musique. Tohu Bohu, c'est un format pop parce que ça reste des chansons avec des couplets et des refrains et des trucs accrocheurs. On a gardé ce côté easy-dansant mais dans le son c'est plus rock. Pour les gens qui écoutent du rock, ils diront qu'on fait pas du rock.
On puise des influences, des années 60 à aujourd'hui, on prend un peu ce qui nous plaît dans chaque décennie. Il y a un peu la soul des années 1960, rock des années 1970, le funk des années 1980, le grunge des années 1990, puis après 2000 il s'est rien passé.

Sur le son ça a changé aussi parce qu'on bosse plus de la même façon, parce qu'on a changé du point de vue du matériel. On a deux esthétiques de manière générale, le côté vraiment rock et le côté festif. C'est entre les deux à chaque fois, c'est jamais trop typé, c'est vraiment un mélange de nos influences à tous. Puis, après on a essayé de pas travailler avec les codes d'un seul genre mais plutôt de sous entendre les influences, c'est jamais trop flagrant.

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C'est quoi le/les thèmes des chansons ?

Babil : c'est assez varié, quand j'écris c'est souvent avec le rythme. C'est beaucoup de métaphores, j'écris sur des thèmes sans vraiment vouloir en parler directement. Les chansons tournent autour de la liberté, ce que j'aime faire c'est travailler sur un champ lexical, et après j'essaie d'avoir un message plus ou moins vague sans vraiment le dire, donc chacun peut comprendre ce qu'il veut. Ce que j'aime c'est plutôt travailler sur la sonorité que sur le sens. Le thème général c'est la liberté, la fête.

Simon : Babil ne vient pas avec un texte qu'on met en musique. On fait l'inverse, on fait de la musique, après il y a de la voix puis on remet un coup de polish. Les textes sont plutôt au service de la mélodie, ça reste très musical.

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Vous vous êtes rencontrés où ? C'est quoi le point de départ de Moi Je ?

Alors, Babil et Antoine, on faisait de la musique dans un autre groupe, Golden & Co c'était un groupe blues funk.Loïc et Simon se connaissent depuis le lycée. Au début, c'est Loïc qui faisait son projet tout seul, Moi Je, et après il a fait appel à Simon pour faire de la basse puis à Babil pour le chant et à Antoine pour la guitare.
Moi Je était un projet personnel, un one man show, puis on s'est posés la question de monter sur scène à 4 et notre travail est devenu de plus en plus collaboratif. On a tous compris la richesse du truc, où chacun amène sa pièce et au final c'est ça notre identité.

Tohu Bohu, c'est de la musique sans qu'on l'ai pensée pour le live, on est à 5 dans la pièce et ça sonne presque comme sur la bande. On a tout fait du coup, alors qu'avant c'était beaucoup de trucs écrits, maintenant quand on enregistre même les claviers c'est nous qui les faisons alors qu'on est pas claviéristes du tout. Du coup, virage sur le live, on ne joue plus du tout avec des séquences, on a un batteur et tout est fait à la main, il n'y a plus de triche, comme un groupe de rock avec l'énergie qui va avec.

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Pourquoi avoir choisi ce nom ?

C'est le résultat d'une une sacré épopée. Il décrit un peu l'histoire de notre groupe qui est un peu un joyeux bazar. On essaie d'axer l'esthétique du groupe autour de ça, le visuel, la pochette, le logo, le clip aussi, ça reste cohérent. Aujourd'hui, l'image d'un groupe c'est presque la moitié du travail, la musique c'est presque le côté facile. Après tu as des groupes, tu aimes ou pas mais ils ont une image qui déchire puis tu t'identifies vraiment vite et ça en fait un bon groupe. Il ne faut pas le mettre de côté, c'est une grosse part du travail. Le clip était à l'image de la musique, c'était une expérimentation. On a tout fait nous-même avec des copains, c'était vraiment en famille.

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En 2019, quels sont vos projets ?

On sort un EP début 2019, le format physique n'est pas prévu pour l'instant. On sort 4 titres plus ou moins étalés. Cela fait un an qu'on bossait sur des nouveaux morceaux, mais vu qu'on ne savait pas encore si on changeait de nom ou quelle direction on prenait, on a fini par en choisir 4, qu'on aimait vraiment, qu'on est allés mixer dans un studio en juillet.

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Comment vous appréhendez votre première scène à Toï Toï ?

On a hâte, ça va être cool. Ça fait un an qu'on a pas joué ensemble et c'est la première fois qu'on jouera avec un batteur sur scène, ce qui fait quand même une différence pour le bassiste, dans l'énergie ça va changer beaucoup de choses.

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Tohu Bohu en concert le 14 décembre avec Brume et Kanchi

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Propos recueillis par : Marine Bally