À l’occasion de la deuxième édition de Folk You, on a rencontré Logar qui vient de sortir son premier album. « A Year In a Life », un prélude étonnant d’un artiste folk français.

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Raconte nous, comment as-tu commencé la musique ?

J'ai commencé petit, à 7 ans, c'est mon père qui a bien voulu me montrer comment on faisait un mi mineur sur une guitare, et puis m'a montré quelques accords. Moi j'ai commencé la guitare parce que je trouvais ça cool de pouvoir sortir une guitare lors des réunions de famille et de voir les gens chanter, j'ai commencé la musique juste pour ça.

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Par quoi as-tu commencé, la guitare ou le chant ?

J'étais guitariste et choriste, et il y avait déjà le chant qui était présent à la maison mais je n’avais pas grand-chose à raconter donc ça ne me paraissait pas pertinent de faire des chansons à ce moment-là, ça m'allait d'être que guitariste pour les autres.

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Tes premières scènes étaient à Lyon ?

C'était plutôt dans la Loire, le théâtre des Pénitents à Montbrison, c'était le Fil smac à Saint Etienne, où on faisait les premières parties de J.P Nataf, Dominique A. J'ai commencé jeune à voir des artistes comme ça, je me suis dit "ouais c'est cool, en fait je crois que j'ai envie de faire ça aussi".

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De coup c'était plutôt des reprises de chansons d'artistes que tu aimais bien ?

Ce que je jouais pour moi c'était des reprises, j'ai appris la guitare en repiquant tout ce que j'entendais à la radio, toutes les chansons que j'aimais bien, toute la musique qui passait à la maison. C'était Simon and Garfunkel, Ben Harper, Jeff Buckley, les Beatles et Elliott Smith. Il y avait un bon créneau folk rock qui se dégageait, ce qui explique peut-être pourquoi je fais de la Folk aujourd'hui aussi.

Le fait de les écouter depuis longtemps, tu as un corpus culturel et musical qui se dégage, c'est à dire que tout de suite tu as plus de références dans ce domaine. Plus tard, quand je suis allé à la fac, c'était pour étudier la littérature anglaise, c'était aussi plus de références pour écrire en anglais que pour faire des chansons en français.

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A quel moment peux-tu considérer que tu es devenu un “professionnel” ?

Je suis devenu officiellement musicien, je crois c'était en 2014, en sortant de l'ENM de Villeurbanne. Je sais pas si on peut reconnaître un musicien professionnel à son premier statut d'intermittent ou pas. J'étais musicien depuis 2006, mais j'ai dû le devenir un peu plus sérieusement en 2014/2015.

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Tu as sorti ton premier album récemment, dis-nous en plus ?

Le premier album "A Year In a Life" est sorti le 3 mai 2018, il est tout récent, c'est le début de sa vie d'album. Il a été enregistré dans les studios de l’Hacienda, dans un château. C'est un très beau lieu, géré magnifiquement par Stephane Piot et Jo Verne, qui sont deux personnes qui sont très à l'écoute des musiciens, et de la musique qu’ils enregistrent et ils ont mis tout le savoir-faire et tout leur cœur dans le disque donc c'était très chouette. Je suis très fier du résultat, de la manière dont ça s'est fait, parce qu’il n'y a que des gens avec qui j'avais envie de travailler sur l'album. C’est-à-dire pour la production : Vibrations sur le fil, l’enregistrement : les studios de l’Hacienda, les musiciens : David Marduel, Eddy Vachaud et Antony Gatta qui est un des premiers musiciens avec qui j'ai travaillé et un ami de longue date, qui m'a appris le métier. Que des gens qui étaient contents d'être là et j'étais content d'être avec eux. Puis la pochette a été faite par un artiste rennais qui s'appelle Sanrankune, et j'adore son trait.

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Comment cela se passe pour la création, l’écriture, la production de tes chansons, est ce que c’est une expression collective ou individuelle ?

Je fais l’écriture et la composition tout seul, j'ai souvent une idée assez précise de l'arrangement de la chanson mais je laisse quand même la place aux musiciens avec qui je joue pour se créer une partie qui leur convienne et qui leur plaise, c'est souvent eux qui amènent les plus jolies idées pour les arrangements.
L’écriture de chansons, c'est quelque chose qui me semble extrêmement personnel et mon engagement dans la chanson est total. C’est à dire que je fais que ça : si en me levant le matin j'ai un bout de chanson je le mets dans mon téléphone, si j'ai du temps je vais jouer un peu de guitare aussi, elle n’est jamais bien loin.

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J’ai fait quelques recherches sur ton nom d'artiste : Logar. C’est islandais ou afghan ?

Alors complètement islandais, mais effectivement j'ai réorthographié le nom du village. Laugar c'est un village en Islande où mon frère vivait, c'était une de mes premières destinations de voyage à l'étranger. L'Islande c'est assez magnifique et surprenant, assez déroutant, de se retrouver au mois de juillet à marcher sur un glacier et de voir qu'il fait grand jour à 2 heures du matin. Vu que le disque tournait autour des saisons, c'était marrant d'avoir ce nom-là, qui confronte un peu tout ce qu'on peut imaginer sur les saisons, mais effectivement je l'ai réorthographié et maintenant je l'écris Logar, nom d'une province en Afghanistan. Je ne suis jamais allé là-bas, mais par contre l'avantage via Facebook, c'est qu'il y a plein de gens qui aiment la page, sûrement en pensant que ça parle de chez eux, et du coup ça permet de discuter avec des gens, qui sont installés là-bas, et que je n'aurai probablement jamais rencontré autrement. Ça créé un lien avec d'autres gens et permet de faire des rencontres en fait.

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Comment appréhendes-tu cette seconde scène à Toï Toï ?

J'étais venu l'année dernière, pour la première édition de Folk You avec Grimme. Là ça va être différent, les chansons ont un peu évolué. Sur scène il y aura sûrement moins de stress, toujours autant de joie de venir jouer aussi parce que je trouve que c'est un lieu hyper chouette, qui se prête très bien à cette musique-là. Et puis ce sera cool de retrouver Raoul Vignal, on s'est croisés mais on n’a jamais vraiment partagé une scène, ça sera sympa de se retrouver là aussi.

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Est ce que la musique Folk aujourd’hui a besoin d’être actualisée ou d’être mélangée à d’autres styles ? Comment tu te positionnes vis-à-vis de ce style, en tant qu’artiste ?

Réinventer ça serait peut-être prétentieux, humblement c'est important de se dire qu'il y a que sept notes et globalement on a dû faire les liens entre toutes les notes mais il y a peut-être quelque chose, une histoire, une manière d'écrire à apporter, elle sera peut être un peu différente d'autres. J’ai pas cette prétention-là de révolutionner la folk ou de la réinventer mais de l'enrichir peut être.

Et c'est peut-être ça aussi la "mission" avec des grands guillemets, ce n’est pas forcément de réinventer mais de rappeler aux gens ce qui a pu se faire ou ce qui se fait d'une manière plus actuelle. Mais peut être que l'importance, le rôle du musicien c'est ça aussi, de pas faire tomber dans l'oubli des trucs qui ont déjà été faits.

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Logar a (re)découvrir le vendredi 28 septembre avec CMK et Raoul Vignal.

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Crédit photo : Margaux Michel 
Propos recueillis par : Marine Bally