Ce samedi 6 mai, GTK, rappeur lyonnais invite L’Épicerie et tout l'EDN Crew clermontois pour une soirée true HipHop Heads à Toï Toï le Zinc !

Du Boom Bap aux vibes New school, guests et fat level, il y en aura pour tous les goûts dans cette soirée qui sent déjà la poudre. Pour commencer à tâter le terrain en douceur, GTK est passé poser ses fesses sur les canaps de la mezzanine pour répondre à nos questions.

 

Tu étais Kama, aujourd’hui GTK. Parle-moi de toi.

Je me suis réellement mis au rap pendant mes études supérieures, il y a 7 ans de ça. Au début j’écrivais seulement des textes engagés, puis l’envie d’allier musique et contestation est vite apparue. J’essaye d’amener de nouveaux axes de réflexion, de créer une impulsion dans la tête des gens au travers de mes morceaux. GTK c’est Great Teacher Kama, d’où mon ancien nom Kama. C’est une référence au manga GTO où le personnage principal est prof et transmet des valeurs qui m’inspirent encore aujourd’hui, et que je tente de véhiculer par ma musique.

 

Ton écriture est un subtil mélange de technique, critique et chill comme tu le dis toi-même. Ton crédo est « Seuls ceux qui le veulent vraiment peuvent changer les choses ». Tu as des sujets de prédilections ?

Ma plus grande revendication, c’est l’action. Il faut FAIRE. La musique c’est un de mes moyens d’action citoyenne à mon échelle, et on en a tous autant que nous sommes ! Par l’éducation on apprend à agir, à comprendre le monde qui nous entoure et les différents points de vue, sans avoir peur de l’erreur et l’échec. L’envie de rassembler est aussi très présente dans mes textes, et elle arrive au bon moment vu le contexte dans lequel nous sommes en ce moment.

 

Comment s’est construite ta culture rap ?

J’ai d’abord découvert les grands classiques de l’époque grâce à ma famille, à savoir IAM, NTM , les premiers Eminem, MC Solaar, ... Mais ma culture musicale a toujours été faite de styles de musique différents, que ce soit du reggae, du ska, du funk ou encore du métal. Toute ces influences m’ont construit musicalement et m’inspire encore aujourd’hui.

Si je devais donner mes références les plus marquantes, ce serait les Red Hot Chili Peppers et Rage Against The Machine. Pour l’énergie qu’ils transmettent en live, et le fait qu’ils mettent toujours l’idée plutôt que la personne au centre des regards.

L'Epicerie et toute l'équipe d'EDN Prod débarquent à Toï Toï !

 

Un mot sur ta manière de créer tes morceaux ?

A mes débuts j’écrivais d’abord mes textes, puis je calais ensuite l’instru qui me plaisait dessus. Ça me posait parfois problème pour que les phases rentrent dans le rythme, mais ça m’a permis de travailler mon flow à fond pour que ça sonne bien. Aujourd’hui je commence par décomposer mon sujet pour structurer mon texte, je cherche une instru en rapport avec l’idée du morceau et l’énergie que je veux y mettre, et enfin je commence à écrire. J’enregistre toujours une démo pour me corriger un maximum et produire un morceau aboutis au maximum, quitte à retarder le moment où il sort au grand jour. Je veux faire le son que j’aimerais écouter. Mais il ne faut jamais oublier de laisser une place à la détente et au plaisir, ne pas devenir un extrémiste du militantisme.

 

Tu as collaboré avec le beatmaker Energetic pour ton dernier titre « Ainsi va la vie » ? Quels sont tes prochains projets de collaboration ?

Ce dernier titre était un projet vraiment complet, puisque la collaboration s’est faite en Suède pendant une année Erasmus sur un texte que j’avais écris en France, et les chœurs se sont rajoutés une fois rentré sur Lyon. J’aime qu’une collaboration forme une construction commune, où chacun a pu créer et s’exprimer dans un espace de liberté, et ainsi faire des liens entre différentes disciplines artistiques.

Mon prochain projet consisterais à monter des concerts tous les 2-3 mois qui fassent jouer des rappeurs de la scène locale et régionale. En collaboration avec le groupe lyonnais Sizzlin', l’idée serait de rassembler et mettre en réseau les acteurs de la scène rap régionale, pour ouvrir des portes à tous, mais aussi proposer processus d’accompagnement pour les jeunes émergents. On espère que l’unité qui sortira de ce rassemblement permettra l’émergence de nombreux autres projets !

 

Pour la soirée du 06 mai tu prévois un coplateau avec les membres de L’Épicerie, un crew clermontois. Vous avez l’habitude de jouer ensemble ?

On s’était croisé sur une scène à Lyon et le courant est plutôt bien passé, on s’est mutuellement invité dans nos villes respectives : je suis allé rapper à Clermont, et ils débarquent sur Lyon pour la soirée de samedi en amenant avec eux des artistes de leur label EDN Productions tout fraichement créer de cette année.

 

Les mesures phares du président GTK ?

Je changerais surtout beaucoup de choses dans l’éducation : réapprendre la vraie histoire, éduquer à la citoyenneté, pour que chacun se sente concerné par ce qu’il se passe dans le monde qui l’entoure. Eduquer c’est préparer l’avenir, la transition. Je mettrais aussi la cause écologique avant toute chose, qu’on agisse pour arrêter de scier la branche sur laquelle nous sommes.

Et bien entendu interdire Touche Pas à Mon Poste, clairement.

GTK et L'Epicerie le 6 mai

Soundcloud : GTK et L'Epicerie