Lyon, mi-avril. La ville attend, comme tous les ans, un de ses plus gros évènements électro, le Festival REPERKUSOUND. A cette occasion, Toï Toï le Zinc donne carte blanche au Collectif Particules pour un apéro à prix libre, vendredi 14 avril à partir de 18h.

Hyper créatif et innovant dans les domaines visuel et auditif, Particules, né il y a bientôt 2 ans, rayonne aujourd’hui dans l’univers des soirées lyonnaises. Focus sur une de leurs artistes, Angel Karel, à (re)découvrir ce 14 avril.

 

 

Cela fait bientôt un an que tu as atterri chez Particules. Un retour sur cette année passée à leurs côtés ?

Il s’est passé beaucoup de choses très intéressantes durant cette année. On parle d’une coopération, de partage d’idées artistiques sur les prochaines soirées, sur notre évolution ensemble. En particulier pour l’une de nos plus grosses soirées : Quasar. Un vrai projet audiovisuel au Ninkasi Kao, avec une musique singulière aux travers de grands artistes tels que Bas Mooy, SNTS, VSK, ou encore Dax J, ... Pour la quatrième qui arrive en avril, Substance aka DJ Pete sera présent, membre du célèbre disquaire berlinois Hard Wax.

Je programme aussi toutes les semaines la chaine Soundcloud de Particules, avec des artistes de la scène locale comme Wild Aspect ou MLSN, mais aussi avec des artistes internationaux tels que Makaton, Time Traveler, Synaptic Memories, Luis Ruiz et de nombreux autres...

 

Peux-tu m’en dire plus sur ton appartenance au mouvement Warehouse ?

Par Warehouse, j’entends ce phénomène de rave et de soirées underground. Parmi ces événements, j’en retiens particulièrement deux : l’année dernière le collectif lyonnais Elixion Records organisait une rave dans un hangar désaffecté aux alentours de Lyon. L’endroit dégageait une énergie particulière par ses décors psychédéliques et industriels. Le public était plus proche, plus libre et plus décomplexé. Cette année, le collectif Morpheus Production s’est immiscé, le temps d’une soirée, dans les profondeurs du Théâtre Comédie Odéon. Un événement alternatif, idéal pour provoquer une atmosphère unique et intrigante échappant au monde normatif. C’est un rassemblement différent, faire la fête autrement, d’une manière unique.

 

Comment composes-tu ? Sur logiciels ou sur machines ?

Principalement sur logiciels, mais j’expérimente aussi en utilisant simplement une drum-machine par exemple. Le plus intéressant dans la création est de laisser se diffuser des idées, que ça sonne comme tu veux, comme tu l’entends.

 

Et le mix sur Vinyles ?

J’ai toujours voué une certaine admiration pour les vinyles. J’ai commencé à en acheter en 2002 chez Extra Records à Lyon. Pour la petite anecdote, j’y ai croisé quelques fois l’auteur de « La 11ème marche », un certain DJ montant de la scène électronique, qui n’était autre que Agoria. Un disquaire donc rempli de souvenirs pour moi et qui n’existe plus aujourd’hui... Mes débuts à mixer sur vinyles étaient fastidieux car j’ai commencé avec une XL 500 Gemini à courroie rotative, une platine ultra-sensible au touché du plateau... J’en garde malgré tout de très bons souvenirs.

Malgré la digitalisation de la musique, j’ai toujours beaucoup de plaisir à acheter mes vinyles Chez Emile records à Lyon, mais aussi dans des disquaires comme HARDWAX & SPACEHALL lors de mes voyages. J’alterne aujourd’hui entre des DJs sets vinyles et digital.

 

© Adrien David 

En live, tu composes ou préfères-tu moduler tes créations ?

Je ne me produis pas en live, je propose des DJ sets principalement. Loop, Drum, etc... sont pour moi la meilleure façon de proposer ma version des morceaux en DJ set.

 

Concernant le futur de la musique électronique, penses-tu qu’un plus gros soutien public soit nécessaire ? Ou au contraire, doit-elle rester indépendante et profondément underground ?

La techno fait appel à l'imaginaire, au désir et à l'évasion. Elle a donc un vrai rôle social. Je pense que le côté indépendant et underground de la musique électronique confère une vraie liberté à ceux qui viennent l’écouter et la ressentir. Un plus gros soutien public et médiatique engendre souvent un plus grand encadrement, diminuant cette âme si singulière qu’a la techno...

 

Aurais-tu un conseil pour un jeune qui commence à composer ?

De s’intéresser à l’histoire de la musique en général et de la musique électronique en particulier. La recherche musicale est sans limite ! Passer des heures infinies à écouter de nouveaux morceaux, de nouveaux artistes, de nouveaux labels. Dont ces chefs d’œuvres : Galaxy 2 Galaxy : « Journey of the dragons » ou encore Carl Craig : « 69 - Desire »

 

Tes nombreux passages dans les clubs lyonnais t’ont permis d’acquérir ta notoriété actuelle. Préfères-tu jouer dans un contexte minimaliste, ou plutôt sur les grosses scènes technos ?

Question difficile. Les scènes minimalistes underground me permettent de m’exprimer devant un public plus averti, tandis que les grosses scènes techno me font connaître auprès d’un public plus large, qui pourra ensuite s’intéresser à ces soirées underground. Je pense que le contexte minimaliste est possible grâce aux grosses scènes techno qui ont permis de générer de plus en plus d’adeptes et de passionnés, ainsi que le développement des clubs et des organisations.

 

As-tu l’impression d’avoir la même place que les hommes dans le milieu de la musique électronique, ou ressens-tu une certaine inégalité de genre ?

J’ai eu la chance de ne pas subir un quelconque sexisme, même si celui ci est parfois présent. Je profite de ta question pour te parler de mon projet intrinsèquement féministe, dans le bunker Lyonnais l’Annexe THE FUTURE IS FEMALE. Un concept rassemblant une communauté libre, orchestré par des artistes femmes. Le but étant de dépasser les codes et les clichés, j’aimerais tout simplement parler d’échanges et de diversité peu importe le sexe.

 

Angel Karel // Carte blanche à Particules le 14 Avril

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